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L'écu parti

A partir du début du quatorzième siècle, un très grand nombre d'armoiries féminines portent à la fois les couleurs du père et celles du mari, et ce dans la forme d'écus partis. Le parti pouvait se faire en réunissant soit deux écus entiers, soit deux demi écus, soit encore un écu entier et un demi écu. Il put prendre également forme d'écartelé, lorsqu'il était constitué de deux demi écus écartelés.

Le parti de deux écus entiers

1278
Marie de Brabant,
épouse de Philippe le Hardi
parti,
au 1, de France
& au 2, de sable au lyon d'or
armé & lampassé de gueules

Dans le cas où une dame détenait un fief à titre personnel, elle pouvait en faire figurer les armes à la place de celles de son père, comme dans le cas suivant où Blois remplace Avesnes.

1232
Marie d'Avesnes,
comtesse de Blois,
épouse de Hugues de Châtillon

Cette Marie d'Avesnes (1200/1241) ne doit pas être confondue avec son homonyme, duchesse de Bourbon (1280/1354), dont l'effigie figure en page d'accueil.

parti, au 1,
de gueules à trois pals de vair,
au chef d'or chargé d'un lambel
de quatre pendans d'azur,
& au 2, du même,
semé de croisettes d'or,
à la bande coticée
d'argent brochant

Lorsque les armoiries d'un parti ont forme d'écartelé, et celle de l'autre forme simple, l'écu peut se présenter tiercé en pal, deux tiers pour le premier, un tiers pour le second. Dans le cas suivant, les armes du père sont placées avant celle du mari.

1381
Isabelle de Foix,
épouse d'Archambaut de Grailly

+ SIGILLUM ISAB . COMITISSE FUXI
tiercé en pal,
au 1 & 2, écartelé
de Foix & de Béarn,
& au 3, de Grailly,
qui est d'or*,
à la croix de sable,
chargée de cinq coquilles d'argent

Le parti de deux demi écus

1274
Alix de Nevers,
épouse de Jean de Chalon,
comte d'Auxerre.
Bourgogne à dextre,
le bandé remplaçé
par trois bandes
parti,
au 1, d'or
à trois bandes d'azur,
à la bordure engrelée
de gueules,
& au 2, du même,
à la bande d'or

1280
Marguerite de Chalon,
épouse de Hugues de Bourgogne,
mêmes armes.

HOC EST SECRETUM MEUM

parti,
au 1, trois bandes,
à la bordure engrelée
pour Bourgogne
& au 2, une bande,
pour Chalon

1367
Marguerite de Sacquenville,
dame de Percy
parti,
au 1, de sable
au chef denché d'or
& au 2, d'hermine
à la demi aigle pâmée de gueules
armée & becquée d'azur

Lorsque l'on réunit deux écus écartelés, on obtient un écu qui a la forme d'un écartelé, mais qui n'est en fait qu'un parti de deux demi écus.

1366
Agnès de Navarre,
épouse de Gaston Phoebus de Foix.
Foix et Béarn
pour son mari,
Navarre et Evreux
pour son père
parti,
au 1, de Foix,
coupé de Béarn,
& au 2, de Navarre,
coupé d'Evreux

Le véritable écu écartelé, composé en ordonnant deux écus en sautoir, se rencontre très rarement, et représente une singularité en matière d'armoiries féminines.

1348
Marguerite de Bourbon,
épouse de Jean de Sully
écartelé,
au 1 & 4, d'azur,
semé de molettes d'or,
au lyon du même brochant
& au 2 & 3,
de Bourbon

Jeanne d'Albret, devenue comtesse de Foix, en 1422, par son mariage avec Jean de Grailly, a adopté l'écu écartelé convenant à sa charge, en le brisant toutefois des armes de France, concédées à sa famille en 1389. On peut noter l'emploi du français, de préférence au latin.

seel Jehanne conteffe de foix

Le parti d'un écu et demi

1440
Marie d'Anjou,
épouse de Charles VII
parti,
au 1, d'une fleur de lys & demi
& au 2, tiercé en pal
de Jérusalem,
d'Anjou ancien
& d'Anjou moderne

En se basant sur le même principe, une jeune fille pouvait faire figurer sur son écu les armes de son père parties de celles de sa mère.

1364
Marie de France,
fille de Jean II le Bon
et de Bonne de Luxembourg,
elle même fille de
Jean de Luxembourg
et d'Elisabeth de Bohême
parti,
au 1, de France
& au 2, coupé
de Luxembourg**
& de Bohême



* d'après Rietstap. Selon J.-F. Jules Pautet du Parois (Nouveau manuel complet du blason, ou Code héraldique, Libr. Encycl. de Roret, Paris, 1854), les armoiries de la salle des Croisés, à Versailles, donnent à Jean Ier, sire de Grailly, "d'argent, à la croix de sable, chargée de cinq coquilles d'argent", mais il est possible que ce soit, justement, une coquille.

** d'après Anselme. Pour sa part, Bouly dit : "au lyon d'azur, armé, lampassé, et couronné d'or".

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