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Les armoiries des femmes
d'après leur sceau

En France, les premières armoiries dont l'histoire fait état remontent au règne de Louis VII le Jeune, qui le premier utilisa la fleur de lys sur son contre-sceau. On ne rencontre pas de sceau féminin armorié avant la fin du douzième siècle, lorsque, en 1188, à côté de son nom, Agnès de Saint-Verain fit figurer les armes de son mari, Guillaume de Mello, au bas d'un document.


... écu chargé de deux fasces,
& d'un orle de neuf merlettes ...

A partir du siècle suivant, l'usage des armoiries se répandit largement chez les dames. Elles reprirent soit celles de leur père, soit celles de leur mari, soit les deux ensembles, ou encore y ajoutèrent celles de leur famille maternelle, sans qu'il soit possible de déterminer si un quelconque principe général d'emploi ait déterminé leur choix.
Le souci de faire figurer à la fois mari et parents se retrouve dans la multiplicité des écus pouvant figurer sur un même sceau. Sur ce principe, de nombreuses combinaison d'armoiries ont été portées sur leur sceau, mais aussi sur leurs atours par les épouses, veuves ou filles des seigneurs du Moyen-Age. On retrouve souvent deux écus sur le sceau et un sur le contre-sceau.

Sans connaître l'identité des deux personnages ci-contre, représentés dans l'Armorial de Guillaume Revel, ont peut la déduire, très exactement, de la lecture de leurs armoiries.

Anne, dauphine d'Auvergne, épouse de Louis, duc de Bourbon, fille de Béraud, dauphin d'Auvergne et de Jeanne, Dame de Forest (le dauphin de Forest semble ici d'argent, au lieu d'or), arbore ses couleurs familiales dans l'ordre de préséance. Sa suivante, Jeanne Bournel, est vêtue selon le même principe, portant un parti des armes de son mari, Gilles de Nédonchel, grand chambellan du duc de Bourbon, (d'azur à la bande d'argent) et de celles de son père, Jean Bournel de Thiembronne (d'argent à l'écusson de gueules, à l'orle de papegaux de sinople membrés et becqués de gueules).

De même, le personnage représenté ci-contre est Marie d'Avesnes, épouse de Louis 1er de Bourbon, fille de Jean 1er de Hainaut, ainsi que l'exprime le blasonnement de son vêtement, parti de Bourbon et de Hainaut.

Quant au sceau des femmes occupant des charges de grand feudataire, il porte en général, comme celui des hommes, l'ensemble des armes des fiefs détenus, ainsi que celles des alliances familiales, ce qui entraine des illustrations parfois chargées. Ainsi, sur celui de Catherine, reine de Navarre, datant de 1516, figurent les armes de Navarre, Foix, Béarn et Bigorre, qu'elle possédait en propre, accompagnées de celles d'Évreux, souvenir des descendants de Philippe le Bon, roi de Navarre en 1328, parties de celles d'Aragon, Castille et Léon, puissances tutélaires de la Navarre, comme de tout le midi pyrénéen, depuis quasiment cinq siècles. On remarque que les armes de Jean III d'Albret, son mari, n'y figurent pas, soit parce qu'elle en était déjà veuve, soit parce que son poids politique après les événements de 1512 était considéré comme nul.

Les armoiries de Catherine de Médicis sont une bonne illustration de la façon dont les femmes pouvaient composer leur écu, en reprenant au contre-sceau le parti des deux écus figurant à l'avers.

1549
Catherine de Médicis,
épouse de Henri II
parti,
au 1, de France,
& au 2,
écartelé de Nemours*,
& contre écartelé,
de la Tour & d'Auvergne,
& de Boulogne sur le tout

*En 1504, François Ier donna le duché de Nemours à Julien de Médicis.

L'écu est parti à égalité entre l'époux, Henri II, roi de France, et les parents, et l'écartelé de la famille est partagé entre le père, Laurent de Médicis, et la mère, Madeleine de la Tour d'Auvergne, la part de la mère portant les armes de ses deux branches ancestrales.
Cet écu est composé comme une carte de visite, qui indique d'abord le rang de Reine de France de Catherine de Médicis, qui illustre ensuite sa qualité de grande princesse italienne, et enfin n'omet pas de mentioner la lignée auvergnate dont elle descend, issue d'Armand, vicomte d'Auvergne six cent ans auparavant, sans oublier la branche de la Tour et l'alliance boulonnaise.

Illustrée sur ce jeton datant de 1559, une variante consistait à ne laisser figurer que la moitié de l'une des deux armoiries sur un flanc de l'écu, et la totalité de l'autre sur le second flanc.

Voyons les diverses compositions d'armoiries féminines dans les pages suivantes ...

L'écu parti La forme de l'écu Retour à l'accueil