compteur de visite

Le dauphiné d'Auvergne


monnaie du dauphiné





La vicomté

Le comté

Le dauphiné

Succession de Robert III

Le duché

Les fiefs

Retour à l'accueil








sceau de Guillaume de Lair,
gouverneur du dauphiné
Charles V de France, surnommé le Sage, est le premier des enfants de la maison royale qui ait porté le titre de dauphin de Viennois, après que le dauphin Humbert II eût fait donation de ses États à la Couronne en 1349*, à la condition que le fils du roi régnant, héritier du trône, portât son titre.
Ce terme est depuis entré dans le langage courant, désignant généralement le successeur, choisi ou non, d'une personnalité, dans quelque domaine que ce soit.
Le mot apparaît pour la première fois en 1285, dans un traité passé entre Robert de Bourgogne et Humbert Ier : "... nobilem virum Humbertum, dominum de Turre, tenentem DELPHINATUM Vienne et Albonis**, ...". En Auvergne, on le trouve dès 1302, dans le testament de Robert III, "... in nomine comitatus et DELPHINATUS, ...".
D'où vient son origine ? De nombreux chercheurs se sont penchés sur la question. Voyons ce qu'ils en pensent ...

L'origine du nom

Certains prétendent que l'appellation de dauphiné vient du nom de l'ancien peuple des Auffinates, d'autres que les Allobroges, anciens habitants du viennois, venaient de Delphes, en Grèce, d'autres encore évoquent un ancêtre vénitien du nom de Delfino. Un explication veut que lorsque l'on demandait son origine à un autochtone, il répondait "do Vienné", du viennois. Certains pensent que dalphinus est dérivé du germanique wigo, qui signifierait prince. Selon Bullet, l'expression celtique dalh pen se traduit par souverain de la contrée, synonyme de comte, expression que, selon lui, on retrouverait dans le pays de Buch, gouverné au moyen-âge par un cap dahl (captal).
Il est difficile de dire qui à tort et qui à raison. Quoiqu'il en soit, Delphinus est, au Moyen-Age, un prénom, ou un surnom, qui figure au martyrologe : Saint-Delphinus (380-404) fût évêque de Bordeaux, un évêque de Lyon, Saint-Anemond (650-659), était surnommé Delphinus, et l'on trouve quelques exemples de ce prénom en Bretagne, dans le midi, ou encore en Angleterre, d'où était originaire la mère de Guigue IV de Viennois (ou IX, selon les numérotations). Rien d'étonnant alors à ce qu'elle ait donné à son fils le surnom, ou le second prénom, de Dauphin, ainsi qu'il apparaît dans une charte de 1110 : "... filii eorum Guigo Delphinus et Humbertus ..."

L'origine du titre

Ce Guigue IV Dauphin était donc seigneur du Viennois entre 1132 et 1142. Il avait une fille à marier, Marchise, dite d'Albon. L'union fût faite avec le fils de Robert III, comte d'Auvergne, qui est connu sous le nom de Guillaume VII le Jeune (les preuves de cette union figurent dans un acte de 1223, donation du comte de Vienne à sa famille auvergnate : "Et ab amita mea domina Marchisia et a Delphino de Arvernia, consobrino meo, ejusdemque Delphini filio nomine Wilelmo.")
De cette union naquit un fils, qui fût appelé Dauphin, Marchise reprenant en l'occurence le prénom donné naguère à son père par sa grand-mère Mahaud. Sur la foi de la copie d'un acte daté de 1215, (concession à la Chartreuse de Port-Sainte-Marie par Dauphin et Guillaume, son fils), certains auteurs ont prétendu que Dauphin devait en réalité s'appeler Robert, comme son grand-père paternel, et que dauphin était donc un titre nobiliaire, destiné à le différencier de ses cousins, les comtes d'Auvergne. Cette position, qui n'est pas reprise par Anselme, a été énergiquement combattue par P.-Fr. Fournier, qui conteste d'ailleurs la validité de cet acte. L'inventaire des titres contenus dans les chartes de l'époque, publié par Fournier en 1930, fait en effet clairement apparaître dans les textes l'unique appellation de Delphinus (à l'exception de la copie contestée).
On connaît les démélés qu'eût Guillaume le Jeune avec son oncle l'ancien après 1147. Ils débouchèrent sur la partition du comté d'Auvergne en deux territoires séparés, gouvernés chacun par l'un des deux Guillaume. Si Guillaume VII conserva encore le titre de comes Arverniae jusqu'à sa mort vers 1169, les chartes montrent que son fils, sûrement pour se démarquer de ses cousins, portait volontiers le titre de comes Claromontis ou Claromontensis. Dauphin ne peut donc pas être considéré, à l'époque, comme un titre nobiliaire. En revanche, son contre-sceau représente un dauphin (l'animal delphinus delphis), avec pour légende Sigillum Delphini. Son fils, Guillaume, est désigné comme comes arvernensis, ou Claromontensis, ou encore Montis Ferrandi, mais toujours pas comme dauphin. Par contre, son contre-sceau représente un dauphin, avec la légende S.(igillum) W.(ilelmi) comitis Claromontis. Le symbole est donc, dès ce moment, entré dans la tradition familiale. Son fils Robert, qui est dit comte de Clermont, se fait appeler Robertus Delphini, et son contre-sceau représent un dauphin, sans légende. Dauphin est devenu un sobriquet, ou un nom de famille, mais toujours pas un titre. Si Robert II, dans son testament, daté de 1281, s'intitule dauphin d'Auvergne, la première apparition du mot dauphiné se trouve dans un acte de Robert III, qui, en 1302, déclare lèguer à son fils Jean, le comitatus et delphinatus, le comté et dauphiné d'Auvergne.
Tous ses successeurs porteront désormais le titre de dauphin d'Auvergne.


* : à l'exception des terres qu'il possédait en Auvergne, dont Pont-du-Château.

** : pour les sources, voir Prudhomme et Fournier dans la bibliographie.